Grandir sans perdre son agilité : c’est le pari de CertX. Née à Fribourg en 2018 comme spin-off de la Haute école d’ingénierie et d’architecture (HEIA-FR), l’entreprise a franchi un cap fin 2024 avec l’arrivée de SGS comme actionnaire majoritaire. « Nous avons gardé notre mode de fonctionnement autonome », souligne son CEO, Vincent Sabot. « Nous sommes une start-up au sein d’un grand groupe. »
CertX conserve ainsi la rapidité d’une petite structure tout en bénéficiant de la capacité d’investissement et du réseau mondial de SGS. En Chine ou en Indonésie, elle peut par exemple s’appuyer sur les équipes locales du groupe plutôt que créer ses propres structures. « Cela nous permet de nous concentrer sur le développement de nos compétences techniques. »
Et le terrain de jeu est mondial. Avec une vingtaine de collaborateurs et une quarantaine d’auditeurs externes, la PME fribourgeoise intervient en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient. À Jérusalem, elle réalise des inspections de sécurité et de cybersécurité pour la nouvelle ligne bleue de tramway, un vaste système intégrant matériel roulant, signalisation, centre de commande, énergie ou encore tunnels.
Changement de décor avec NVIDIA. Dans la mobilité autonome et la robotique, CertX collabore étroitement avec le géant américain et a rejoint l’écosystème de son Halos AI Systems Inspection Lab, consacré aux systèmes autonomes et à la « physical AI ». Vincent Sabot y voit un « adoubement » des capacités de CertX, mais aussi un « lighthouse deal » : un phare qui rend son positionnement visible à l’international.
Pas question pour autant de se reposer sur une prestigieuse référence. « C’est vraiment l’expertise technique qui prime dans les discussions, ainsi que la capacité à délivrer. C’est cela qui nous permet de travailler avec des entreprises comme NVIDIA. »
Trois expertises qui convergent
Le prochain moteur de croissance ? La convergence des trois spécialités de CertX : sûreté de fonctionnement, cybersécurité et intelligence artificielle. « Historiquement, ces trois domaines ont surtout été traités en silos. Mais cela est en train de changer. » Véhicules autonomes, robotique ou infrastructures intelligentes imposent de plus en plus de les considérer simultanément. « C’est là que CertX apporte une véritable plus-value : nous avons depuis toujours une approche intégrée des projets. »
Les ambitions suivent. Après l’ouverture d’une entité à Montréal en 2025, l’Amérique du Nord constitue un axe fort, tandis que les activités se développent rapidement en Asie et au Moyen-Orient.
Le centre de gravité reste pourtant fribourgeois. Installée à bluefactory, CertX profite des bassins de talents romand et alémanique et entretient toujours des liens étroits avec la HEIA-FR. « Nous bénéficions d’un soutien indéfectible de l’écosystème fribourgeois. Notre base reste ici, même si nos activités nous portent aujourd’hui un peu partout. »