Quel est le point commun entre les nanotechnologies, les polymères, l’impression numérique, la biopharmaceutique, la plasturgie et l’intelligence artificielle ? À Fribourg, chacun de ces domaines – et d’autres encore – s’appuie sur un institut spécialisé ou un centre de compétences. Concentrés pour la plupart sur le plateau de Pérolles ou à proximité immédiate, ces acteurs forment un écosystème de premier plan où recherche appliquée et monde économique collaborent au quotidien.
Parmi eux, l’institut ChemTech joue un rôle clé pour transformer les innovations en procédés industriels. Autrement dit, l’institut aide les entreprises à franchir l’une des étapes les plus délicates de leur développement : passer d’une découverte prometteuse réalisée en laboratoire à une production fiable, reproductible et économiquement viable. « Notre mission est de développer des produits et des procédés innovants en collaboration étroite avec les entreprises », résume Christophe Allemann, responsable de l’institut.
Créé il y a une quinzaine d’années, ChemTech a très tôt fait le pari de l’intensification des procédés, bien avant que ces enjeux ne s’imposent dans l’industrie. Cette vision guide encore aujourd’hui ses activités, notamment dans les domaines des bioprocédés et de la chimie verte. Avec une trentaine de spécialistes aux profils complémentaires, l’institut a développé une approche transversale qui lui permet d’accompagner des entreprises de toutes tailles, de la start-up à la multinationale, dans des secteurs aussi variés que la pharmacie, la parfumerie, l’agroalimentaire ou les matériaux avancés.
« Sans équivalent en Europe »
Cette expertise s’appuie sur des infrastructures pilotes que Christophe Allemann décrit comme « sans équivalent en Europe » : réacteurs jusqu’à 630L, colonnes de distillation, systèmes de filtration et équipements d’analyse. ChemTech réunit ainsi l’ensemble des compétences et des équipements nécessaires pour développer, tester et optimiser un procédé avant son industrialisation.
Les entreprises peuvent faire appel à l’institut sous de multiples formes : travaux d’étudiants, mandats de recherche, projets Innosuisse, consulting, prestations d’analyse ou encore formations sur mesure. « Cette diversité permet aussi bien de répondre à un besoin ponctuel que d’accompagner le développement d’une innovation sur plusieurs années », précise le responsable.
Les collaborations de ChemTech s’étendent bien au-delà des frontières cantonales et nationales. L’institut travaille notamment avec Bloom Biorenewables et Seprify (voir page 8), mais aussi avec le CHUV, DSM-Firmenich, Syngenta, Metalor Technologies, Novartis, Agroscope ou encore le CSEM. « Nous sommes même intervenus pour optimiser un procédé destiné à une usine au Texas, à la demande… d’une entreprise norvégienne ! » sourit Christophe Allemann.